Régis Chanlon est un photographe de mariage,de portrait:adultes,enfants et bébés sont pour lui une source inépuisable de moments photos.il saura également mettre en valeur vos animaux de compagnie.

il commence sa vie photographique par des clichés de portrait qui ne le satisfont pas.Afin de mieux appréhender ce métier au combien difficile,il obtient le CAP photographie en 1998 a l'école photo(CE3P) d'Ivry/Seine.

Avec l'évolution du matériel et de ces techniques,il repart en formation en 2013(numérique).

Son matériel:

Appareils Nikon D4S, D700,

Objectifs Nikon 24.70(2,8),85(2,8),105 macro(2,8),70.200(2,8).

il saura être a votre écoute,son regard précis est le "votre".

Capturer l'instant décisif est la plus grande réussite de chaque photographe,il met tout en œuvre pour capturer cet instant.

Pour avancer,un avis,un encouragement est toujours le bien venu.Si la visite des différentes galerie vous a plu,n'hésitez pas a laissé un petit mot dans le livre d'or.

 

 

NIÈVRE > SUD NIVERNAIS > DECIZE 02/05/15 - 06H00

Fils d’une résidente des Sables Roses, Régis Chanlon magnifie, dans une expo photo, le grand âge

Lu 472 fois

À 70, 80 ou 90 ans, la vie a fait son œuvre sur les visages, maniant l’émeri du bonheur ou le burin de la douleur.? - photo régis chanlon

À 70, 80 ou 90 ans, la vie a fait son œuvre sur les visages, maniant l’émeri du bonheur ou le burin de la douleur.? - photo régis chanlon

Il a l’habitude des grains lisses des époux et des bébés. Photographe, Régis Chanlon s’émeut pour les beautés froissées des pensionnaires de l’Ehpad (1) des Sables Roses.

Leur peau fut jadis une page vierge et lisse. Les décennies l'ont froissée, plissée, trouée parfois, implacablement. Et somptueusement, pour le « certain regard » empathique de Régis Chanlon. Le photographe professionnel de Lusigny (Allier) est un visiteur fidèle des Sables Roses, par la force des choses. « Ma mère, Marie-Louise, vit ici depuis deux ans. Je viens la voir tous les mercredis », explique le Machinois d'origine, fier fils de mineur.

« À force de voir les gens à l'entrée, l'idée de faire leur portrait a germé il y a un an », raconte le quinquagénaire, « Je trouvais leur visage hyper expressif. Et ça m'embêtait qu'ils ne voient jamais personne, j'ai eu envie de leur donner un petit moment de bonheur. »

Une dizaine de résidents des différents services sont sélectionnés par Régis Chanlon et par Sandrine Douhairet, l'esthéticienne des Sables Roses : « Je voulais du vécu », sourit le photographe. Des visages plus ravinés qu'un terril après l'orage, des mains marquées par le labeur dont le derme en creux et bosses accroche la lumière. Sans voyeurisme ni cynisme, au contraire, pour montrer la beauté, trop cachée, du grand âge : « Dans la société, les vieux, c'est pas drôle. Je vais bientôt en être un. Avec cette exposition, j'ai voulu faire prendre conscience du temps qui passe, et montrer qu'ici c'est un lieu de vie. » Même si la mort plane : « Les gens disparaissent, ces photos sont des souvenirs. »

Cadrés à fleur de peau sur un regard joyeux dans un tourbillon de rides, une bouche énigmatique, des mains noueuses comme des racines ou un demi-visage teinté de mélancolie, les résidents ont été traités comme les mariées ou les bébés qui font l'ordinaire de Régis Chanlon (2). Cette fois-ci, point de logiciel pour botoxer une joue, juste une "mise en beauté" prodiguée par Sandrine Douhairet : « Je ne voulais pas tricher. Il fallait que ce soit naturel. »

Le Centre hospitalier, dont dépend l'Ehpad, a validé (3) un projet qui « valorise » les résidents et travaille sur « l'estime de soi », détaille David Bonnot, animateur des Sables Roses. L'exposition doit beaucoup à l'affection que lui voue Régis Chanlon : « Il s'occupe extrêmement bien des résidents. Cela m'a paru normal de donner un jour de ma vie en retour. » Un peu plus, en fait : « J'ai fait six séances de photos en janvier et février. » L'exposition a été inaugurée en avril, et devrait rester de façon permanente dans le hall, accessible à tous.

« On aime bien 
se regarder »

Parmi les modèles, la volubile Ginette Simonin et Marguerite Durand, son complément taiseux, sont fières de l'expérience et du résultat : « Ça m'a fait plaisir qu'on me le propose. C'est rare qu'on nous demande de faire des choses comme ça », explique Ginette Simonin, les joues rougies d'émotion. « Et on aime bien se regarder. » Le regard, sans fard, sur leurs rides ne les a pas gênées : « C'est ma photo naturelle, telle que je suis », rigole la résidente de 77 ans avec un haussement d'épaules. À ses côtés, "Guitte", 82 ans, ancienne ouvrière de Kléber, dont le portrait en noir et blanc semble la cartographie d'un bassin versant, confirme : « Je suis comme ça. Mes rides, je ne vais pas les gommer. »

La vie a fait son 'uvre, et continue à laminer en sourdine, alors à quoi bon masquer les ombres qui passent sur certains regards et disent au spectateur la froide évidence d'un Ehpad en forme de dernière étape : « Vous savez, on y va tous » lâche Ginette Simonin. Et elle sourit.

(1) Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.

(2) www.photographieregis.com.

(3) Seuls les vingt-cinq tirages et les cadres ont été payés par l'hôpital. Le travail de Régis Chanlon a été bénévole.

Sébastien Chabard